Une poursuite intentée à New York afin d’obtenir la propriété légale de portefeuilles Bitcoin inactifs s’est réduite après que plusieurs adresses listées aient déplacé des fonds. Alex Thorn, chef de la recherche chez Galaxy Research, a indiqué que les demandeurs dans cette affaire relative aux « Bitcoin abandonnés » avaient retiré 44 des 39 069 défendeurs initialement cités. Cette action en justice avait été déposée par « Noah Doe » et deux entités du Wyoming, cherchant à obtenir le titre de propriété sur des portefeuilles Bitcoin longtemps inactifs.
Thorn a précisé que chacun des portefeuilles supprimés avait transféré des bitcoins sur la chaîne depuis le dépôt de l’action. « Chacun d’eux avait transféré des bitcoins sur la chaîne depuis le dépôt de l’action », a-t-il écrit dans un fil de discussion publié le 8 juillet sur X. Selon Thorn, les 44 adresses retirées détenaient 21 443 $BTC au moment du dépôt de l’action. Il a ajouté que ces portefeuilles avaient ensuite transféré 46 334 $BTC sur la chaîne et ne conservent désormais plus que environ 3 097 BTC.Par ailleurs, la poursuite demande à la Cour suprême de l’État de New York de considérer ces portefeuilles comme des biens abandonnés, conformément à la loi new-yorkaise sur les objets trouvés. La demande initiale visait 39 069 portefeuilles détenant environ 3,7 millions de $BTC, y compris des adresses liées à Satoshi Nakamoto et au pirate informatique de Mt. Gox.Cette activité est cruciale, car la plainte elle-même stipulait que les portefeuilles ayant effectué une action sur la chaîne seraient exclus de l’affaire. Thorn a indiqué que le dépôt le plus récent semble respecter ce critère, écartant les adresses qui ne correspondent plus au profil d’inactivité allégué. Cette mise à jour accentue davantage la pression exercée sur la théorie des demandeurs.Un Bitcoin dormant peut rester intact pendant des années sans être perdu, notamment lorsque ses détenteurs utilisent un stockage à froid (cold storage). Un portefeuille peut demeurer inactif tout en étant toujours sous le contrôle de son propriétaire via la clé privée. En outre, un portefeuille contenant 30 $BTC a été mobilisé après près de 15 ans d’inactivité, tout en étant lié à cette affaire, selon un rapport de crypto.news. Ce mouvement a suivi d’autres transferts provenant d’adresses nommées dans la plainte, affaiblissant ainsi l’argument selon lequel l’inactivité seule constituerait une preuve d’abandon.L’affaire a déjà suscité une opposition formelle. L’avocat Ian R. Cohen a contesté la poursuite et fait valoir qu’un Bitcoin détenu en autonomie (self-custodied) et dormant ne saurait être qualifié de bien abandonné au sens de la loi de l’État de New York. Le dépôt de Cohen est intervenu avant une audience prévue le 14 juillet, consacrée à des questions procédurales liées à l’affaire. La cour avait suspendu toute nouvelle mesure, limitant ainsi la capacité des demandeurs à obtenir un jugement par défaut avant que ces questions ne soient tranchées.La Digital Chamber a également déposé un mémoire amicus curiae s’opposant à cette demande. Ce groupe a mis en garde contre le risque que l’interprétation proposée par les demandeurs de la loi new-yorkaise n’affecte gravement les actifs numériques détenus en autonomie, bien au-delà des seuls portefeuilles mentionnés dans la plainte. Dans un précédent rapport, Galaxy soulignait par ailleurs qu’une victoire devant la cour ne remettrait pas aux demandeurs les clés privées concernées : elle leur accorderait uniquement une déclaration juridique, susceptible de poser problème si des bitcoins venaient ultérieurement à être transférés vers une bourse régulée ou un dépositaire.Cette affaire reste étroitement suivie, car bon nombre des portefeuilles cités sont liés à l’exploitation minière précoce de Bitcoin. Galaxy précise que la demande concerne plus de 21 000 adresses présentant le « motif Patoshi », que les chercheurs associent vraisemblablement au créateur de Bitcoin, Satoshi Nakamoto.Thorn affirme qu’il n’existe « aucune preuve que l’une quelconque des 39 000 adresses soit ‘perdue’ », tandis que les retraits les plus récents constituent une preuve manifeste que certains portefeuilles sont encore contrôlés. Ses remarques renforcent l’argument selon lequel un long silence sur la chaîne ne saurait équivaloir à un abandon juridique. Les demandeurs conservent encore des milliers d’adresses dans le cadre de l’affaire. Toutefois, le retrait des portefeuilles actifs montre que la liste des défendeurs n’est pas figée et que l’activité sur la chaîne peut modifier profondément la configuration même de la poursuite.